• En cette rentrée 2017, le système public d’éducation à Mayotte se trouve de nouveau confronté à des difficultés que nous avons déjà largement évoquées et identifiées :

    Faute d’établissements du second degré en nombre suffisant au regard des besoins, les infrastructures actuelles craquent car elles ne sont pas structurellement prévues pour accueillir un nombre sans cesse croissant d’élèves. L’aggravation des conditions de travail pour les agents comme pour les élèves est donc réelle. L’insécurité est dans tous les esprits, à preuve les bagarres aux abords et dans un certain nombre d’établissements, qui ont émaillé la fin de la période scolaire précédente. De plus les jeunes déjà fatigués par un temps de transport considérable, trop souvent ne peuvent pas se restaurer ou bien sont tenus à faire des journées continues de 5 ou 6 heures sans pause. Il n’y a aura pas d’amélioration sans accélérations des constructions d’établissements, d’internats et d’espaces de restauration scolaire.

    La FSU milite, par ailleurs, pour l’accès des jeunes aux pratiques sportives et au développement d’un sport scolaire égalitaire, humaniste, et culturel. Cet accès à une pratique diversifiée, riche, épanouissante et émancipatrice passe par l’action de toutes les composantes du CENM en faveur du sport scolaire.

    C’est pourquoi nous lançons un appel solennel sur la question des transports qui ont été supprimés pour les collégiens en cité scolaire ou dans les communes où les élèves des associations sportives utilisaient le ramassage des lycées.

    Nous vous demandons de considérer le temps de la pratique au sein de l’association sportive comme du temps scolaire à part entière parce que la responsabilité éducative et émancipatrice de nos associations scolaires est indéniable.

    Nous demandons que tous les élèves qui participent dans leur établissement aux activités du mercredi après-midi puissent bénéficier, comme les autres élèves, des transports scolaires, notamment quand les transports sont déjà organisés, ce qui est le cas dans plusieurs communes de l’île.

    Sur le bâti scolaire, la FSU sera attentive aux engagements du vice-rectorat, notamment en matière d’installations sportives. Nos élèves attendent toujours les points d’ombre et les point d’eau qui ont été promis sur les équipements extérieurs. Nous sommes également attentifs au suivi des chantiers programmés afin qu’ils parviennent à leur terme.

    Les établissements du premier degré connaissent également des difficultés de tous ordres. Les classes et les écoles sont surchargées si bien que plus d'une soixantaine d'écoles fonctionne avec le système de rotation. Malgré les engagements de l'État (livraison de 500 salles de classe), à peine une centaine de salles de classe a été livrée ces cinq dernières années. La majorité des enfants n'effectuent pas les 3 années de scolarisation en maternelle. Les conditions d'accueil et le manque de personnels spécialisés font que les enfants en difficultés (plus de 60%) et/ou nouvellement scolarisés ne sont pas réellement pris en charge de façon spécifique. La mise en œuvre des rythmes scolaires s'est faite dans de très mauvaises conditions, sans une réelle prise en compte des réalités et contraintes locales. Le SNUipp-FSU Mayotte s'étonne de l'entêtement de la Vice Rectrice à ne pas vouloir autoriser les adaptations réclamées par tout le monde, y compris par les parents d'élèves et certains maires. L'actualité démontre que, contrairement à ce qui se dit ici et là, l'éducation à Mayotte ne constitue pas une priorité. Pour preuve la baisse du nombre d'emplois aidés alors que le gouvernement s'était engagé à sanctuariser ces emplois dans l'Éducation Nationale et dans les Outre-mer.

    Eu égard à ces conditions particulièrement difficiles, les personnels et leurs représentants doivent être traités avec considération. C’est pour cette raison qu’il doit être procédé à une reprise totale de l’ancienneté générale de services (AGS) et qu’un véritable plan de titularisation doit être mis en place pour les contractuels. C’est pour cette raison également que l’emploi du temps du président du SRIAS doit être adapté à sa décharge de service et non imposé arbitrairement.

    De plus, le déficit d’agents titulaires en nombre suffisant pour se rapprocher des normes du pays est un autre sujet d’insatisfaction majeure. A titre d’exemple, on trouve près de 50 % de contractuels enseignants dans le second degré à Mayotte alors que le record sur les autres académies est Créteil avec 13 % ou encore 1 psychologue de l’éducation nationale pour 3000 élèves à Mayotte alors que le standard métropolitain, à améliorer d’ailleurs, est de 1 pour 3000 enfin 1 C.I.O pour 12000 jeunes à La Réunion contre 1 C.I.O pour 41000 jeunes à Mayotte et nous pourrions multiplier les exemples.

    Nous demandons une restauration de l’attractivité financière par les mesures suivantes :

          Indexation des salaires à 1,53,

          attribution de 2 indemnités pour un couple d’agent,

          dégrèvements fiscaux pour les indemnités,

          baisse de la condition de durée de service de l’IFCR à un an,

          revalorisation des retraites par un retour de la bonification retraite à ½ et l’instauration de l’ITR pour tous,

          accélérations de carrière.

    C’est à cette condition que Mayotte pourrait retrouver davantage d’enseignants, de personnels de direction et de laboratoire, d’administratifs, d’inspecteurs, de médecins scolaires, d’infirmières, de CPE, d’assistants d’éducations, d’assistants sociaux, de psychologues de l’éducation nationale. C’est à cette condition également qu’on pourra mettre en place à Mayotte les baisses d’effectif indispensables, la lutte contre le décrochage, la priorité accordée aux enseignements fondamentaux, l’aide aux élèves allophones et ce comme il se doit dans un réseau d’éducation prioritaire.

    Pour ne prendre qu’un seul exemple, le vice-rectorat ne dispose que d’un médecin pour 30000 élèves. À titre de comparaison, le ratio en Seine Saint-Denis, pourtant insuffisant, est de 1 pour 12000. Comment dans ces conditions lutter sérieusement contre les risques sanitaires et mettre en place une éducation à la santé ? Mais alors que le manque de personnels est criant, comment pourrions-nous accepter, de surcroît, la suppression des emplois aidés indispensables au bon fonctionnement des établissements du premier comme du second degré ?

    Il est consternant de voir qu’aujourd’hui, la seule mesure d’attractivité significative est celle consistant à instaurer une prime d’installation pour les contractuels dont beaucoup prennent leur fonction sans être formés. La formation prend du temps, nous a dit Mme la Ministre des outre-mer. Certes mais pendant ce temps-là, les jeunes grandissent et ne bénéficient pas des conditions optimales. Il faut en effet que nos collègues contractuels soient formés, mais comment le seront-ils si le nombre de titulaires baisse régulièrement chaque année ?

    Que veut-on faire du système éducatif de Mayotte ? Un vaste centre de formation ? Au fond, c’est la question que l’on devrait se poser aujourd’hui alors que les personnels contractuels occupent presque 50 % des postes dans le second degré. Cette situation fait de Mayotte un cas unique dans le pays. Doit-on l’accepter ? La FSU pense que non et demande un changement de politique clair.

    La situation du système éducatif à Mayotte n’a pas été toujours ainsi. Dans les années 2000 et début 2010, les titulaires étaient largement majoritaires dans le second degré. Ce n’est que depuis les décrets de 2013 que l’aggravation a commencé et elle a été d’abord d’ordre financier. En raison de cette dégradation financière, elle atteint, aujourd’hui les sommets que nous connaissons et, qui peut penser sérieusement que la tendance va se renverser si nous faisons comme si de rien n’était et si le Vice-rectorat persiste à ne pas vouloir considérer que l'attractivité est un problème ? Jusqu’où allons-nous continuer ? La FSU considère qu’il n’est pas possible de s’accommoder de cette situation et demande une nouvelle fois au Vice-Rectorat d’intervenir auprès de notre autorité de tutelle pour qu’un plan d’urgence soit adopté. Notre responsabilité n’est pas d’accepter la situation et de nous taire mais de tout faire pour transformer le système public d’éducation à Mayotte afin qu’il puisse assumer correctement ses missions. À la FSU, nous poursuivrons cet objectif avec détermination. 


  • Manque de reconnaissance, formation inexistante, élèves mal orientés... Les PLP sont aujourd'hui confrontés à toutes sortes de problématiques. Sept d'entre eux en parlent.

    Cliquer ICI  pour accéder à l'article.

     

     


  • 1. Inscriptions aux concours de recrutement de l'Éducation nationale 
    Les serveurs pour s'inscrire aux concours de recrutements seront ouverts du mardi 12 septembre 2017, à partir de 12 heures, au jeudi 12 octobre 2017, 17 heures, heure de Paris. . Un site dédié vous permet de vous tenir informé-e : http://www.devenirenseignant.gouv.fr/pid35072/inscrivez-vous-aux-concours-recrutement-education.html

    Pour les concours internes et les recrutements réservés dont l'épreuve d'admissibilité consiste en l'étude par le jury d'un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (Raep), le dossier devra obligatoirement être envoyé, en double exemplaires, au plus tard le jeudi 30 novembre 2017, le cachet de la poste faisant foi. 
    Les candidats des académies de Paris, Créteil et Versailles s'inscrivent auprès du service interacadémique des examens et concours d'Île-de-France (Siec) au titre du recrutement organisé par l'académie dans laquelle est située leur résidence administrative.

    Les modalités d'organisation des concours de la session 2018 sont précisées dans la Note de service n° 2017-125 du 18 juillet 2017


  • LE SNUEP SE JOINT A CETTE REACTION

    Pour la journée du lundi 25 septembre marquée par une manifestation ayant occasionné des perturbations dans les établissements scolaires, le nouveau Directeur de cabinet n'a rien de trouver de mieux que d'envoyer un message aux chefs d'établissement du second degré leur expliquant que les missions des enseignants ne s’arrêtent pas à la seule organisation des cours ! Quelles sont donc les autres missions des enseignants selon notre bon Directeur ? Selon lui, ils peuvent aussi surveiller ou distribuer des collations voire encore autre chose… On comprend qu’ils devront remplacer au pied levé les personnels administratifs et de vie scolaire. Et pourquoi ne pas assurer la conduite des cars et le retour des élèves à domicile avec leurs propres automobiles et sur leurs propres deniers ? Principal syndicat du second degré et garant des intérêts matériels et moraux de la profession, le SNES se devait de réagir à de telles assertions dont le manque de sérieux le dispute à l’incompétence voire au mépris.

    Quand on veut parler des missions des enseignants, le minimum qui s'impose à un haut responsable est bien d'éviter l'approximation. Les missions des enseignants du second degré sont très précisément définies par l’article 2 du décret 2014-940 et elles sont de deux ordres : 

    x Un service d’enseignement aux maximas hebdomadaires définis

    x Les missions liées au service d'enseignement qui comprennent les travaux de préparation et les recherches personnelles nécessaires à la réalisation des heures d'enseignement, l'aide et le suivi du travail personnel des élèves, leur évaluation, le conseil aux élèves dans le choix de leur projet d'orientation en collaboration avec les personnels d'éducation et d'orientation, les relations avec les parents d'élèves, le travail au sein d'équipes pédagogiques constituées d'enseignants ayant en charge les mêmes classes ou groupes d'élèves ou exerçant dans le même champ disciplinaire.

    Il serait souhaitable que Monsieur le Directeur de cabinet s’informe sur son sujet avant d’en parler. Les personnels enseignants ne sont pas à sa disposition pour gérer toutes les difficultés et particulièrement celles qui ne relèvent pas de leur responsabilité. Il est  regrettable que nous perdions notre temps à répondre à de telles inepties. Les responsables qui tiennent ce genre de discours, doivent savoir qu’ils n’ont pas affaire à des ignorants ou des peureux capables d’accepter n’importe quel ordre. Les personnels enseignants ne sont pas soumis aux désidérata de Mr le Directeur de cabinet qui n’a pas le pouvoir (heureusement) de déterminer leur mission ni de leur en donner de nouvelles entièrement sorties de son imagination.

     


  • Il s’agissait d’un vaste tour d’horizon qui faisait suite à l’exposé des différents dossiers concernant l’attractivité que nous avions évoquée lors de la visite de la Ministre à Mayotte fin août. Le secrétaire national du SNES HDF et le co-secrétaire général du SNES Mayotte, présent à Paris pour participer à une instance de la FSU, étaient reçus, ce vendredi 22 septembre, par le chef de cabinet de la Ministre des outre-mer et sa référente Mayotte.

    Sur le dossier de la hausse de l’indexation à 1,53 à l’instar de La Réunion, nos interlocuteurs nous ont opposé que les contextes n’étaient pas comparables et qu’il fallait chercher des solutions spécifiques. Ils nous indiquent également que la Guyane a cette revendication. Si l’on peut la comprendre, compte tenu des problèmes d’attractivité que connait également ce département français d’Amérique, il n’en reste pas moins que les contextes régionaux ne sont pas les mêmes. La situation de proximité géographique et statutaire de la Réunion depuis que Mayotte est devenue département appelle inéluctablement des comparaisons qui sont hélas défavorables à Mayotte. Rendons-les favorables à Mayotte si l’on veut commencer à juguler la fuite des fonctionnaires.

    Le MOM tient beaucoup à cette notion de valorisation de service outre-mer. Dans ce cas, il faudrait alors revenir sur la baisse de la bonification retraite de ½ à 1/3 appliquée à Mayotte depuis 2011 sans raison autre que le passage au statut de département. Il faudrait également accéder à notre demande de transformer la totalité des établissements de Mayotte en réseau d’éducation prioritaire. Il est question de la classe exceptionnelle mais pour ce qui nous concerne et y compris au national, nous n’avons guère d’informations sur ce point. S’agissant de la fiscalité et de la mise en revenus exceptionnels de l’indemnité d’éloignement transitoire, nous n’avons pas non plus d’évolutions.

    L’ensemble des points liés à l’attractivité est renvoyé à une réunion sur la fonction publique à Mayotte annoncée par la Ministre et où les organisations syndicales seront conviées.

    Le cabinet nous annonce également que Mr Darmanin, Ministre de l’action et des comptes publics attendu très bientôt à Mayotte, sera informé par ses soins des sollicitations et revendications exprimées par la FSU. D’ores et déjà, nous dit-on, la Ministre Girardin a défendu certains points de questions budgétaires auprès de Mr Darmanin.

    Enfin, nous abordons (longuement) la question du refus (nouveau) par le MEN d’accorder le bénéfice de l’indemnité transitoire aux collègues arrivés en 2013 et qui ont accepté de rester à Mayotte aux termes de la circulaire Lebranchu, laquelle permettait le cumul de l’indemnité historique et transitoire. Depuis quelques jours, nous avons des informations transmises par des collègues arrivés en 2013. Les académies d’origine destinataires des dossiers d’indemnités dites transitoires, envoyés par le Vice-rectorat, indiquent à ces collègues qu’ils n’y ont plus droit et ce, sur instruction de l’administration centrale du MEN.

    Nos interlocuteurs du cabinet OM prennent connaissance de cette situation et de la circulaire Lebranchu que nous leur remettons en mains propres. Nous insistons sur le fait que poursuivre dans cette voie serait ne pas respecter les engagements de l’état, que les collègues, qui sont restés, l’ont fait sur la base de la circulaire et enfin que maintenir cette mesure, si elle était confirmée, accentuerait encore davantage la fuite des titulaires. Le SNES ajoute que les collègues lésés ne manqueront probablement pas de participer massivement à de futures mobilisations. Quoi qu’il en soit, le SNES interviendra dans les meilleurs délais auprès de la direction des affaires financières du MEN et du cabinet.

    Le chef de cabinet pointe alors le fait qu’il s’agit d’une circulaire fonction publique et que le MEN ne peut se permettre de déroger au risque de créer une inégalité de traitement entre fonctionnaires. Nous lui faisons savoir que nous comptons bien sur son intervention dans ce sens auprès de ses collègues du MEN, qu’il rencontre régulièrement dans le cadre, notamment des réunions avec les recteurs ultra-marins. Ce point fera l’objet d’un suivi particulier aussi bien au niveau local qu’au niveau national.

     

    Nous demandons à tous les collègues arrivés en 2013 de nous faire le plus rapidement possible un point sur leur situation personnelle s’agissant du versement ou non de l’indemnité transitoire. 

    Au total ce fut un entretien indispensable de mise en route afin de poser un certain nombre de questions incontournables s’agissant de l’attractivité. Si nos interlocuteurs prennent la mesure des difficultés, ils ne semblent pas, dans un premier temps, retenir les pistes que nous proposons. Pour autant, nous maintiendrons l’essentiel de nos revendications auprès du Ministre de l’action et des comptes publics lors de sa future visite et lors de la réunion prévue et organisée par la Ministre des outre-mer, à Paris sur la fonction publique à Mayotte. Nous demandons à tous les collègues arrivés en 2013 de nous faire le plus rapidement possible un point sur leur situation personnelle s’agissant du versement ou non de l’indemnité transitoire. 

     

    Merci à notre collègue Henri NOURI vice-secrétaire de la FSU pour son compte rendu





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