• MAYOTTE EDUCATION

     

    A des degrés  divers, tous les établissements  (écoles, collèges et lycées) sont atteints par des phénomènes de violence. Leur point commun : le sureffectif 

    Les  événements  récents  au  lycée  de  Kahani  comme  à  Tsararano  ont  été  précédés  de débordements  de  violence.  On  peut  se  demander  ourquoi  les  interventions  ont  tellement tardé. D’autant qu’à chaque explosion de violence, la FSU Mayotte a demandé des enquêtes associant le comité hygiène, sécurité et conditions de travail académique (CHSCTA).

    En  tout  état  de  cause,  l’absence  de  réponse  satisfaisante  du  vice-rectorat  face  au  droit  de retrait  des  agents,  que  la  FSU  a  soutenu  et  soutient  sans  réserve,  pointe  clairement  sa responsabilité,  notamment  en  terme  de  dialogue  avec  leurs  représentants  et  le  CHSCT académique,  mais  aussi  en  ce  qui  concerne  les  mesures  prises ; Le  seul  réflexe  de l'administration ayant été de menacer sournoisement de retrait de salaire.

    Le  département  de  Mayotte  connaît  une  évolution  des  effectifs  scolaires  sans  comparaison avec  les  académies  métropolitaines  ou  « domiennes » ;  en  10  ans,  on  avoisine  un doublement ! Cette évolution n’a pas été anticipée par les autorités de l’état. Aujourd’hui, ce phénomène se conjugue à l’insuffisance des infrastructures existantes et produit des effets de tous ordres dont la violence intolérable à l’intérieur comme à l'extérieur des lycées.

    Ce n’est qu’en 2015 que le département a été classé en réseau d’éducation prioritaire (REP). Pire,  seuls  certains  écoles  et  collèges  ont  été  classés  en  REP+.  Les  lycées  professionnels,  les généraux  et  technologiques  cumulent  et  concentrent  les  phénomènes  d’échec  scolaire augmentés  par  la  politique  de  gestion  des  flux  et  d’économie  tous  azimuts  qui  réduit  les passages en lycée professionnel et les choix de sections. Malgré cela, ils ne sont toujours pas classés en éducation prioritaire.

    Par  ailleurs,  depuis  quelques  années,  les  syndicats  de  la  FSU  Mayotte  alertent  le gouvernement  sur  la  nécessité  de  maintenir  un  système  d’attractivité  pour  faire  venir  des fonctionnaires. Aujourd’hui les titulaires sont en nombre insuffisant. Pourtant, des personnels formés et expérimentés sont indispensables dans ces zones ; seulement 52 % des enseignants sont  titulaires  dans  le  second  degré.  Comment  former  des  effectifs  de  contractuels  en permanente  augmentation  dans  tous  les  secteurs  de  l’éducation  alors  que  le  nombre  de titulaires  ne  cesse  de  diminuer ?  La  FSU  Mayotte considère  que  notre  département  n’a  pas vocation à n’être qu’un centre de formation. L’attention portée aux élèves exige de faire venir des titulaires en nombre !

    De même, les moyens humains rapportés au nombre d’élèves sont très insuffisants. Il n’y a pas assez  d’enseignants-es,  de  personnels  de  vie  scolaire  (AED,  surveillants),  d’assistants-es sociaux,  d’infirmiers-es  scolaires,  de  médecins  scolaires,  de  psychologues  de  l'éducation nationale,  'inspecteurs,  de  personnels  d'encadrement,  de  personnels  administratifs, techniques  et  ouvriers  ... Les  élèves  du  département  dans  les  établissements  placés  en  REP  (écoles et collèges) ne bénéficient pas des mêmes conditions  d’étude par rapport aux autres REP domiens et métropolitains (26 élèves par classe en collège à Mayotte pour une moyenne de 21 ailleurs dans les autres REP).

    Dans un département où la moitié de la population est scolarisable, il est assez incroyable que l’État n’ait pas prévu ces évolutions et planifié en conséquence. La FSU Mayotte demande un plan d’urgence qui permette de construire des établissements en tant que de besoin dans le premier comme le second degré, de sécuriser les établissements, de prendre des mesures de stabilisation et de restaurer l’attractivité pour les agents titulaires de l’État.

    S'agissant  des  mesures  de  stabilisation,  la  FSU  Mayotte  revendique  une  augmentation  de l’indexation  à  1,53,  une  augmentation  des  contingents  à  la  hors-classe  et  à  la  classe exceptionnelle,  une  attribution  de  l’ISG  (indemnité  de  sujétion  géographique)  aux  collègues ayant perçu l’IE (indemnité d'éloignement) dégressive et souhaitant rester à Mayotte et enfin une transformation de la totalité des établissements en REP + avec les moyens afférents.

    Concernant l’attractivité, la FSU Mayotte revendique un abaissement de la condition de durée de service nécessaire à l’obtention de  l’IFCR ( déménagement et billet d'avion)  à un an pour faciliter la venue de néo-titulaires, une attribution par agent de l’ISG et non par couple comme c’est le cas actuellement, la mise en place d'une indemnité spécifique, inspirée du décret n°77-1364 du 5 décembre 1977 et enfin un allongement de la durée de versement à 5 ans avec une fraction supplémentaire de 5 mois.

    Pour  finir,  la  FSU  Mayotte considère  que  c’est  une  éducation  de  qualité  dont  a  besoin  la jeunesse  de  Mayotte,  ce  qui  signifie  des  transports  et  des  établissements  sécurisés,  une augmentation  du  nombre  d’internats  de  manière  à  limiter  les  déplacements  fréquents, stressants  et  fatigants  imposés  aux  élèves,  la  mise  en  place  d’une  restauration  scolaire généralisée  à  tous  les  établissements,  la  mise  en  conformité  en  matière  d’hygiène  et  de sécurité  des  établissements  scolaires  du  premier  comme  du  second  degré.  Ces  mesures doivent être envisagées en collaboration avec tous les services de l’état impliqués et devraient faire  l’objet  d’un  comité  de  pilotage  associant  tous  les  acteurs  (préfecture,  gendarmerie, services  sociaux,  transporteurs,  autorités  locales,  éducation  nationale,  représentants  du personnel).

    La  FSU  Mayotte  interviendra  au  niveau  ministériel  à  Paris  par  le  biais  de  ses  responsables nationaux.  Elle  travaille  également  à  des  communications  au  niveau  de  la  presse  nationale.

    Une mobilisation locale doit être décidée si nous voulons être entendus. C’est pourquoi la FSU Mayotte dépose un préavis de grève pour le 22 février 2018.


  • TOUS EN GREVE MARDI 6 FEVRIER - RENDEZ VOUS 08H30 DEVANT LE VICE-RECTORAT

     

    Le tract est visible ICI 


  • Vous trouverez ici une interview du co-secrétaire général du SNES-FSU Mayotte sur KWEZI TV datée d'hier 25 janvier à 7 h, en soutien aux collègues exerçant leur droit de retrait au lycée de Kahani. Nous avons demandé au VR de lancer une enquête en urgence associant le CHSCT ( comité hygiène, sécurité et conditions de travail) sans réponse pour le moment.

    Cependant, vous remarquerez que Madame Le Vice-Recteur a reconnu ce matin 26 janvier sur Kwezi aussi à 7h, la légitimité de ce droit de retrait. Ce fait majeur démontre que les collègues ont eu raison de se mobiliser et que le traumatisme vécu exigeait à tout le moins cette réponse vigoureuse et responsable. 

    Cette reconnaissance du bien fondé de ce droit de retrait devra être suivie de mesures concrètes de sécurisation et de renforcement des équipes éducatives. Ce sont les collègues qui devront se prononcer sur la réalité de la mise en place de ces mesures et donc du maintien ou non de l'exercice du droit de retrait très majoritaire pour le moment dans cet établissement.

    Bien syndicalement

     

    Serge Ciccone 06 07 23 27 02
    Omar Attoumani AMBRIRIKI 06 39 19 78 21

  • MERCI A NOS COLLEGUES DU SNES

    A leur demande, le co-secrétaire du SNES Mayotte et le responsable du secteur HDF (hors de France) du SNES étaient reçus le 24 novembre par le chef de cabinet chargé de l’éducation au MOM.

    Insécurité

    Nous rappelons d’abord la réalité des conditions d’exercice à Mayotte. Les personnels de deux lycées exercent actuellement leur droit de retrait suite à des violences ayant eu lieu à l’intérieur des établissements. Les agents manquent dans tous les domaines (santé, vie scolaire, encadrement, enseignants, agents d’entretien, assistants sociaux,…). Les infrastructures aux capacités d’accueil limitées craquent sous le poids de l’augmentation continue des effectifs. Sans mesure d’urgence en matière d’attractivité, de constructions scolaires, de mise en place d’espaces de restauration, d’internats, sans un retour à une éducation de qualité au sens large, le pire est à craindre. Notre interlocuteur semble surpris et atterré mais sans solutions !

    Assises de l’outre-mer

    Deux instances existent au niveau central, une instance technique et une instance plus politique qui traitera de formation, d’insertion et d’éducation. Un livre bleu sera produit fin février et présenté aux organisations syndicales au niveau national en mars. Il y aura ensuite une période d’ajustement jusqu’à début juin.

    Notre interlocuteur nous indique que l’éducation nationale n’est pas pleinement associée. Néanmoins, une déclinaison est prévue. Lors de la réunion des recteurs du 12 décembre, chacun sera sensibilisé sur des thèmes qui devront être travaillés avec l’ensemble des acteurs au niveau local :

     prise en compte des élèves en difficulté, maîtrise de la langue,

     questions de décrochage scolaire, comment, pourquoi, quelles réponses, accompagnement des élèves vers la réussite,

     reconnaitre les compétences des enseignants et tenir compte de leur carrière pour valoriser le service outre-mer.

    Sur le thème de l’attractivité, notre interlocuteur estime que la piste à creuser est celle de l’accélération de carrière. Partant de ce point, nous engageons un débat sur l’accès à la hors-classe et à la classe exceptionnelle. Pour le SNES, il est clair que l’accélération de carrière à Mayotte passe par la transformation de la totalité des établissements du département en REP +, les 8 ans d’exercice dans des conditions difficiles permettant pour un collègue au troisième échelon de la Hors classe de prétendre à la classe exceptionnelle.

    Stabilisation et attractivité

    Le SNES rappelle ses propositions sur la stabilisation et l’attractivité pour les agents titulaires. Nous réfutons d’abord que l’augmentation continue du nombre de contractuels, surtout dans le second degré soit une solution à la crise de recrutement et encore moins l’embauche de néo-contractuels sous la licence et ceci contrairement à ce que préconise la CNCDH (commission nationale consultative des droits de l’homme) dans un rapport récent. Selon le SNES, l’apport de titulaires permettrait d’améliorer en profondeur le système de formation des contractuels actuellement en poste et donc leurs perspectives de titularisation. Il est donc indispensable de revenir à des proportions « normales » dans le second degré, 47,5 % des postes étant occupés aujourd’hui par des contractuels. S’agissant de la stabilisation, le SNES revendique :

     Une indexation relevée au minimum au niveau de celle de la Réunion (1,53). Sur ce point notre interlocuteur est plus que sceptique. Il considère, à tort selon nous, qu’un relèvement à Mayotte devrait s’accompagner de baisses dans d’autres territoires plus attractifs,

     une attribution de l’ISG (indemnité de sujétion géographique) aux collègues actuellement à Mayotte et sortant de l’indemnité d’éloignement transitoire afin qu’ils soient incités financièrement à rester dans le département.

    Pour l’attractivité financière des titulaires, le SNES rappelle les mesures qu’il propose depuis un certain temps déjà :

     versement de l’indemnité forfaitaire de changement de résidence (IFCR) sous condition d’un an de service afin d’ouvrir plus largement l’accès à Mayotte aux néo-titulaires,

     versement à chaque agent d’un couple de l’ISG au lieu d’une seule ISG par couple comme c’est le cas actuellement,

     augmentation du nombre d’années d’ISG à 5 portant le montant total à 25 mois sur 5 ans,

     défiscalisation partielle de l’ISG.

    La piste indemnitaire semble plus facile à explorer pour notre interlocuteur que celle de l’indexation.

    Il reste encore du chemin à faire pour que des solutions de fond et à long terme soient adoptées à Mayotte. Le chef de cabinet nous a confirmé que l’État cherche toujours à parer au plus pressé en considérant, une fois pour toutes que l’écart de Mayotte avec les autres territoires est trop grand pour qu’on puisse jamais le résorber. Nous ne nous résignons pas à cette conclusion et insisterons pour que la voix des agents soit écoutée lors des assises et après. 


  • Il s’est tenu de 9H30 à 12H30 en présence de 5 membres élus FSU, un élu titulaire et un suppléant du se -unsa. L’ administration était représentée par M. le secrétaire général, le drh, le chargé de mission sécurité et le responsable du pôle hygiène et sécurité.

    L’ordre du jour très fourni, nous a amené à traiter de la restitution du groupe de travail du 13 septembre dernier sur la défense passive, le fonctionnement la programmation des travaux en chscta, la formation de ses membres, un point juridique sur le droit de retrait, les compte rendus de l’administration et de la FSU de la visite du CHSCTA dans le LPO Chirongui le 20 mai dernier. La situation au LP Kahani , aux collèges de Majicavo et Passamainty ainsi que dans les écoles de primaires de Passamainty et Combani 2 ont été évoqués.

    Lors de la restitution du groupe de travail, les mesures matérielles à développer ont été présentées. La FSU a insisté sur la nécessité de mettre en application les réunions des CHS dans les établissements, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

    En ce qui concerne les situations particulières dans les établissements :

    LP KAHANI

    Comme vous le savez le LP Kahani a été gravement touché par des violences. Un collectif de collègues ont exercé lundi20 et mardi 21 novembre un droit de retrait suivi massivement. L’administration nous a informés que des actions étaient en cours pour sécuriser l’établissement et ses abords. Sur proposition de la FSU, une visite du CHSCTA a été programmée. La procédure règlementaire (tenue d’un groupe de travail, délai d’un mois pour permettre au chef d’établissement de préparer la visite) situe cette visite dans la deuxième quinzaine de février. La FSU a depuis contacté le vice-rectorat afin de soutenir le caractère d’urgence d’un passage du CHSCT, du déplacement du hub et d’un apport en personnel supplémentaires.

    COLLEGE PASSAMAINTY

    Un compte rendu des travaux effectués au collège de Passamainty a été fait. La FSU a soulevé la question de l’apport en moyens supplémentaires suite aux évènements qui ont marqué cet établissement en avril mai dernier.

    COLLEGE MAJICAVO LAMIR

    Le climat scolaire dégradé, depuis la rentrée au collège de Majicavo a été signalé . Dans cet établissement le risque psycho-social est quasiment avéré.

    VISITE LPO CHIRONGUI PAR LE CHSCTA

    Le rapport de visite du LPO Chirongui a longuement retenu l’attention. Dans les deux rapports , administration et FSU, l’absence de dialogue social a été relevée ( le changement de direction a de ce coté, été bénéfique à l’établissement). La FSU a signalé les dysfonctionnements qui ont caractérisé cette visite ( délai de 7 mois entre le délibéré et sa réalisation, absence du pôle santé, etc…). La FSU a déploré le fait que ce retard a prolongé la non prise en compte de problèmes matériels et humains.L’administration a reconnu que la réalisation de la visite a été favorisée par le droit de retrait effectué avril par les personnels.

    Une analyse critique de la gestion des deux évènements (violences du 23 septembre 2016 et inondation du 23 mars 2017) avec des réactions trop tardives (manque d’anticipation le 23 septembre et extinction trop tardive de l’électricité alors qu’il s’agit de la première mesure à prendre). L’utilisation inappropriée des agents de service a été relevée (heures de service, travaux sans habilitation).

    L’état de la SEP a été abordé, la FSU s’est étonnée que durant des années certains travaux (réfection du local des agents, guérite d’entrée) n’aient été effectués. Cette remarque a été faite également pour la partie générale (gouttières, etc..). Il a été demandé au vice rectorat une meilleure prise en compte, dorénavant, des signalements dans ce type de situation. La vérification de la sécurité des machines a été abordée, les personnels déplorant que l’organisme chargé de cette opération n’ait pas été mandaté pour la mise en marche de celles-ci. La question de la construction d’un lycée en dur, une demande unanime des collègues, a été abordée en présence du responsable constructions qui a rejoint la réunion. La fin des études préalables étant prévue en 2021. La FSU estime ce délai trop long .Il faudra revenir rapidement sur ce dossier trop longtemps négligé par le vice-rectorat.

    En fin de réunion un point juridique sur le droit de retrait a été fait par un membre de la cellule juridique arrivé entre temps. L’année dernière, tous les droits de retrait suivis par la FSU ont été acceptés, mais nous craignons à l’avenir une interprétation restrictive de cette procédure. 





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