• Affectation des agents contractuels du second degré pour la rentrée 2017  : avis très défavorable et nombreux non renouvellements.

     Si l’année dernière des problèmes d’affectation subsistaient à la rentrée, nous constatons (et les collègues dans quasiment tous les établissements), lors de cette rentrée une dégradation de la situation. Nous traitons cette année beaucoup plus de cas, avec des situations inédites. Le vice rectorat, dans sa communication n’aura surement pas la même analyse et pourtant nous ne pouvons guère afficher de motifs de satisfaction :

    -Si le report au 11 juillet de la CCP d’affectation a été indispensable, il n’en reste pas moins que les délais prévus n’ont pas été respectés. Nous n’avions que 48 heures pour constituer les dossiers de défense des non renouvelés dont un certain nombre n’était plus sur le territoire. De plus, il y a eu tellement de modifications à postériori que la CCP du 11 juillet a été vidée de son sens.

    -Le vice rectorat s’est montré très dur et intraitable sur les non renouvellements alors que certains avaient des avis très favorables de leur chef d’établissement. En cas d’avis défavorable ou réservé du responsable pédagogique, le collègue n’est pas renouvelé. Des contractuels avec quatre, cinq voire six ans d’ancienneté sont donc éjectés brutalement. Les procédures prévues, surtout dans ces cas-là, n’ont pas toujours été respectées. De plus, certains, au départ affectés, se sont vu signifier le non renouvellement dans la seconde moitié du mois d’aout voire le jour de la pré-rentrée. Le chiffre de 68 non renouvelés doit donc être modifié à la hausse. Certains non renouvellements sont liés à un niveau de diplôme faible. Si le décret prévoit un recrutement à Bac + 3, il n’en reste pas moins que le niveau de diplôme n’est pas prévu pour être un critère de non renouvellement.

    -Nous avons aussi relevé des situations inédites. Des contractuels n’étaient ni affectés ni non renouvelés, en somme se trouvent dans un no man’s land Pour d’autres, en attente, il a fallu intervenir également.

    - Pour les personnels affectés, il y a aussi à redire, nous avons pris connaissance de modifications d’affectation le jour de la prérentrée. Dans certains cas des agents ayant donné toute satisfaction administrative et pédagogique se sont retrouvés déplacés au profit d’un néo recruté. L’arrivée surprise de titulaires a mis sur la touche d’autres. Si ces cas ne souffrent aucune contestation dans leur principe, nous nous interrogeons sur ces affectations tardives de titulaires. S’agit-il de stagiaires dont nous savons qu’ils ont été affectés après les non titulaires, donc oubliés au départ alors qu’ils auraient dû être affectés avant les contractuels ? Nous avions signalé cette anomalie le 11 juillet. Mais comme pour les oubliés cités plus haut, il n’y a pas eu de prise en compte.

    - Au niveau du recrutement, une évolution est significative puisque cette année avec 2800 personnes ayant postulés, pour entre 250 et 300 postes. Cette situation explique en partie l’évolution du management. Ayant, maintenant, dans la plupart des matières le choix, il est plus facile pour le vice-rectorat de mettre des contractuels, déjà en poste, sur la touche. On ne peut plus parler de prise en compte de la dimension humaine.

    En conclusion, nous retenons trois évolutions très importantes :

    -Dorénavant, tout pouvoir pour les non renouvellements au pédagogique (inspecteurs et conseillers pédagogiques), les avis des chefs d’établissements comptent beaucoup moins (signe d’une défiance). En revanche, si pour ne pas renouveler les personnels, l’avis pédagogique est déterminant, il l’est beaucoup moins bizarrement, dans le recrutement. Une information est donc indispensable dans l’optique d’une gestion transparente.

    - Le nombre de postulants élevé qui entrainera une pression sur les agents déjà en place, accentuant leur précarité. On peut comprendre le souci d’élever le niveau de recrutement, mais la manière dont cette année de nombreux agents non titulaires ont été baladés en dehors de toute logique n’est pas satisfaisante. La procédure de recrutement, elle aussi a généré stress et tensions auprès des postulants. Nombreux sont ceux qui attendaient inutilement puisque non retenus et non informés. D’autres, pressentis, ont été laissés dans le doute jusqu’au dernier moment. -Un dialogue social courtois dans la forme, mais très peu productif sur le fond comparé à ce qui se faisait précédemment. Il est d’ailleurs curieux de constater que même nos amis de l’unsa se sont découverts des accents revendicatifs (approche des élections professionnelles oblige), alors que le 11 juillet ils ne sont intervenus sur aucun cas de non renouvellement. Il est évident que seules une syndicalisation massive et une action collective seront en mesure de limiter les excès du type de management technocratique qui s’est développé ces derniers mois et dont nous sommes bien placés pour mesurer le coût humain. A l’aune de ces éléments, le titre de notre texte, prend tout son sens.

    Merci à Patrick FORNECKER pour son implication.