• Apprentissage : le Medef veut réduire la part de la taxe affectée aux régions pour "responsabiliser" les entreprises

    Le Medef juge "impératif" de redonner un pouvoir de décision aux employeurs alors que 51 % de la taxe d'apprentissage est aujourd'hui destiné aux régions. Il a rendu public mardi 14 février 2017 ses propositions "pour bâtir les compétences de demain" dans le cadre de l'élection présidentielle 2017. L'organisation patronale préconise d'"allouer 77 % des fonds collectés" aux Octa qui financeront directement et de manière mutualisée les formations en apprentissage. Les entreprises pourraient verser les 33 % restants aux établissements de leur choix, ce qui permettrait de les "responsabiliser".  Par ailleurs, le Medef réclame à nouveau de pouvoir ouvrir des CFA sans demander l'autorisation des régions et préconise la suppression de la carte des formations.
     

    Le Medef souhaite aussi "accorder la liberté totale de gestion de leur taxe d'apprentissage aux entreprises qui embauchent plus de 5 % de leurs effectifs en alternance", dans ses propositions sur l'éducation (PJ) en vue de l'élection présidentielle. La taxe pourrait être utilisée pour financer leurs propres CFA. En contrepartie, les subventions publiques correspondantes seraient réduites.
    En matière de droit du travail, les règles qui encadrent les contrats d'apprentissage notamment pour les mineurs devraient être alignées sur le droit commun.
    RÉFÉRENTIELS DE COMPÉTENCES
    Par ailleurs, les formations en apprentissage devraient être "coconstruites par l'État et les branches professionnelles – à l'image de ce qui est pratiqué dans des pays comme l'Allemagne ou la Suisse, où l'apprentissage est massivement développé", selon le Medef.
    Les référentiels de compétences et de certification devraient "faire l'objet d'une définition partagée" entre l'État et les branches. Ces dernières devraient aussi être chargées de définir les référentiels d'activité.
    Ne pas opposer apprentissage et voie scolaire
    "L'alternance constitue une pédagogie à part entière et une autre manière de réussir", affirme le Medef. "Il faut cesser d'opposer apprentissage et formation académique pour les penser comme deux pédagogies complémentaires". L'apprentissage doit être considéré "réellement comme une voie de formation d'excellence" et non comme une voie d'insertion.
    "Les connaissances transmises à l'école ne correspondent pas toujours à celles qui permettront au jeune de réussir dans le monde professionnel. Les diplômes sont encore bâtis sur une logique de savoirs et de connaissances plutôt que de compétences", regrette le Medef.
    En outre, "la procédure d'élaboration d'un diplôme prend beaucoup trop de temps et laisse de côté les professionnels. Il faut en moyenne cinq ans pour créer un BTS, deux ans pour le réviser." Des délais jugés "peu compatibles avec la réalité du monde économique".
    SUPPRIMER LA CARTE DES FORMATIONS
    Autre demande récurrente : permettre aux entreprises et aux organisations patronales de créer des CFA sans solliciter l'accord des régions. La carte des formations est un "système de régulation malthusien qui n'existe dans aucun pays où l'apprentissage est répandu", assure le Medef qui appelle à sa disparition.
    L'organisation patronale propose aussi de "valoriser la fonction de tuteur en entreprise" en insérant un "module de formation sur le tutorat" dans les formations initiales.
    Nasr Allah Lakhsassi