• Apprentissage : "reprise "très nette" mais des difficultés

    En 2015, 281 000 contrats d'apprentissage ont été signés dans les secteurs privé et public soit une hausse de 2,3 %" après deux années de baisse, calcule la DARES. La note précise d'ailleurs que "la reprise des embauches a démarré" avec la rentrée 2015 : "Sur la campagne 2015-2016, la hausse est de 3,7 %". Cette reprise concernait en 2015 "tous les secteurs, à l'exception de la construction" et elle touchait "plus particulièrement les formations de niveau CAP (+2,7 %)" note le service statistique du ministère du Travail qui ajoute que cette hausse s'explique essentiellement par la mise en place de l'aide "TPE jeunes apprentis" accordée aux petites entreprises recrutant un apprenti mineur : les embauches y ont augmenté de 5 % (+ 10 % pour les mineurs) alors qu'elles ont baissé (-2,3 %) dans les entreprises de plus de 10 salariés.

    La hausse des recrutements d'apprentis mineurs se traduit par une hausse des apprentis sans diplôme ni titre professionnel à la signature de leur contrat" qui représentent un tiers des embauches. Les recrutements augmentent aussi dans le secteur public (+ 25 %), surtout dans les collectivités territoriales qui  représentent toutefois moins de la moitié des 11 000 entrées. "Les embauches ont surtout augmenté dans les services de l'État, les établissements publics locaux d'enseignement et les établissements publics administratifs de l'État." A noter que dans les collèges et lycées, près de la moitié des apprentis ont un niveau bac, 18 % un niveau V et près de 12 % n'ont aucun diplôme ni titre professionnel. 

    22% de décrocheurs de l'apprentissage 

    La note évoque aussi les taux de rupture : "28 % des contrats commencés au cours de la campagne 2013-2014 ont été rompus avant leur terme", mais certains de ces jeunes ont trouvé un nouveau contrat d'apprentissage. Au total, "22 % des primoentrants peuvent être considérés comme ayant abandonné l'apprentissage". A noter que "plus l'apprenti est jeune et plus le taux de rupture est élevé : 38 % pour les moins de 18 ans contre 19 % pour les plus de 21 ans".

     

    La DARES publie une seconde note consacrée aux contrats aidés et elle note qu'en 2014, les emplois d'avenir, notamment dans le secteur associatif, ont constitué, "davantage encore qu'en 2013, le contrat aidé le plus ouvert aux résidents des ZUS" puisque "18 % des jeunes recrutés y vivent (...) Cette hausse tient en partie aux objectifs assignés par le gouvernement aux missions locales, chargées d'orienter les jeunes vers ce programme". Les jeunes résidents des ZUS représentaient en 2014 moins de 5 % des entrants en contrat d'apprentissage. et les jeunes "titulaires d'un niveau de diplôme supérieur au bac présentent un taux de chômage près de deux fois supérieur aux jeunes actifs de niveau équivalent résidant hors ZUS (25,7 % contre 13,4 % en 2014)". La Dares rappelle que l'exigence d'un niveau de diplôme inférieur ou équivalent au CAP-BEP pour les jeunes embauchés en emploi d'avenir a été assouplie pour les résidents des ZUS. Conséquence : "Dans le secteur marchand, la part des entrants en emploi d'avenir diplômés du bac ou de l'enseignement supérieur est très nettement supérieure en ZUS (27 %) à ce qu'elle est hors ZUS (3 %). Dans le secteur non marchand, cet écart est encore plus marqué.

    Nasr  LAKHSASSI